ANAÏS DELEPORTE

Publié le 14 Octobre 2013

ANAÏS DELEPORTE

Rencontrée en octobre 2012 lors d’une exposition, Anaïs Deleporte a bien voulu proposer pour " Le Poulailler " une présentation d’une partie de ses travaux. Elle participe les 18, 19 et 20 octobre 2013 à la 16e édition des « Portes ouvertes des ateliers d’artistes », ensuite débutera son exposition au Poulailler le vendredi 8 novembre.

Les aptitudes en peinture et en photographie ont conduit Anaïs Deleporte à présenter des montages photographiques pour le Prix Icart en 2012.

On peut lire sur le site " ces montages condensent des archétypes issus de la peinture des maîtres anciens, que l’artiste revisite selon les canons d’aujourd’hui…"

 

Lors d’entretiens avec cette artiste utilisant peinture et photographie comme processus de création, elle nous a livré quelques commentaires qui donneront aux futurs visiteurs une idée de sa démarche : " L’alternance (l’oscillation) peut être un jeu. C’est le petit théâtre que je joue avec moi-même lorsque je travaille. Partagée entre les médiums, glissant de l’un et l’autre, quittant la peinture pour la photographie, puis la photographie pour la peinture, j’oscille. En somme, j’aime que mon image demeure infidèle. Peinture et photographie sont mes deux lieux d’observation privilégiés ; ils m’ouvrent un seuil d’où je peux voir sans être vu… et tout tirer à moi. "

Elle continue en précisant : " Entre le je et le jeu, le spectacle se joue sur un fil en équilibre entre l’ancien et le contemporain. Les images se situent à l’intersection de deux récits : un récit intime, tissé d’absences, en réserve, et celui, universel, du mythe, d’une histoire oubliée. J’expérimente le tableau photographique de façon paradoxale, comme une rupture, un choc entre souvenir et oubli, équilibre et catastrophe. Dans ces points de suspension, le concept et l’image s’associent dans un jeu d’ouverture à tous les possibles. "

Anaïs Deleporte souligne sa démarche de plasticienne en précisant ses choix engagés dans les deux pratiques :

" Les montages photographiques condensent les archétypes d’une iconographie issue de la peinture ancienne, que je revisite selon les canons d’aujourd’hui. Mon corps se projette dans des stéréotypes, s’y immisce en les performant, pour mieux les voir de l’intérieur : car il est à la fois l’acteur et le spectateur de ces images. L’identité du sujet, noyée dans ses ressemblances, se fragmente en de multiples expériences. Le corps, placé dans un entre-deux photographique, donne à voir, ou plutôt à entrevoir, dans une relation à un regard Autre : le mien, suscitant une double-vue - un troisième œil, celui du miroir de l’appareil - et celui du spectateur."

" L’oiseau de nature morte est le signe reconnaissable de ma peinture. En lui j’apprécie le paradoxe d’un sujet éminemment codé et classique, mais finalement dépouillé par son humilité souveraine. La nature morte a été longtemps perçue comme une innocente décoration. Reléguée aux arts mineurs à l’époque classique, elle était jugée insignifiante, parfois même risible (Je pense aux oiseaux pendus de Chardin, à l’asperge de Manet, etc.) L’oiseau m’apparait comme une forme pudique, un sujet que j’aborde avec réticence... Il s’effiloche, se disperse lorsque je tente de le saisir en peinture. Ce qui m’intéresse le plus dans ce motif serait comment et pourquoi, chaque fois différemment, je m’en éloigne et m’en rapproche."

Pour terminer, elle parle de l’état de sa recherche.

" L’ensemble de ces travaux constitue une œuvre en cours de création, d'inachèvement, ouverte à la démultiplication et à la série. J’apprécie le terme d’inachèvement, car c’est dans cet état que se situe ma recherche. C'est dans cette attente, cette suspension des choses, que se nouent mes sensations et celles des regardeurs. L’intérêt que je place dans mes images n’est jamais de l’ordre du cernable, il est toujours, finalement, de l’ordre de l’indéfini, du résidu trouvé. Je me sers d’images « mères », très reconnaissables, mais la finalité de mon travail ne se situe pas là : Une fois passée l’idée de l’évidente filiation artistique que l’on peut y trouver, je laisse au spectateur le soin de découvrir ce résidu à la surface de mes images, cet ultime reste. S’il le trouve, il pourra le considérer comme mon apport."

Ces dernières phrases en guise de conclusion nous donnent l’occasion de convoquer les visiteurs, à venir dès le 8 novembre, découvrir l’ensemble des propositions plastiques choisi par Anaïs Deleporte.

Rédigé par LE POULAILLER

Publié dans #2013

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