DÉJÀ LÀ - EDDIE PANIER

Publié le 30 Avril 2014

Du plus loin que je me souvienne, aux Beaux-arts de Tourcoing, j’ai eu l’occasion de remarquer l’expression graphique et le sens de la composition dans le travail proposé par Eddie Panier. Il s’agissait me semble-t-il de trompe-l’œil avec tasse de café qui avait retenu alors mon attention. Cette présentation annonçait déjà, grâce à la dextérité observée et le sens esthétique mis en œuvre, son observation avisée de la peinture des maîtres anciens en même temps qu’une connaissance des dessinateurs illustres de la bande dessinée.

Pour ajouter à ce billet succinct à propos de l’artiste venant exposer au Poulailler, c’est par la suite en 2007, à l’occasion de la manifestation « les couleurs du temps » en relation avec l’atelier de Frédéric Sicard, que nous avons découvert pour la première fois ses toiles.

Nouvelle opportunité de retrouver ce sens d’une construction de l’image et du dispositif offrant un face à face là où le regard s’interroge. Cette fois c’étaient des toiles de sa série des " Veronika " et sans doute un de ses premiers diptyques " Ubik ".

En octobre 2013, une présentation partielle de sa série dénommée " Le Grand Cirque " proposait une évocation de l’univers de l’aviation à l’époque de la seconde guerre mondiale. Un accrochage comme une installation à géométrie variable où le thème quelque peu iconoclaste semble revendiquer des associations espiègles comme les toiles " Little Boy " 1 et 2, des lectures transversales " Rapaces " faisant référence aux couvertures du magazine de bande dessinée de guerre des années 60 du même nom, ces toiles réunies avec d’autres petits formats, portraits d’as de l’aviation entre autres Lydia Litvak, Natalya Meklin, Masajiro Kawato. Un accrochage par ailleurs volontairement démonstratif pour parler et faire parler de peinture.

Cette fois, durant ces mois de mai et juin, une partie de la série " De l’étoffe dont les rêves sont faits " permettra de nous replonger dans l’âge d’or du film noir et par un jeu de substitution ou d’arrangement pouvoir observer, décrypter les intentions de l’artiste. Il opère des scènes inédites où la substance d’un film rencontre fortuitement un élément, une sculpture ayant rapport avec l’abstraction de la même période.

De Sunset Boulevard, de films d’Henri Decoin, Julien Duvivier, de Jean Vigo ou John Huston, le peintre  nous délivre d’autres images, réinterprétées. Ainsi comme il l’écrit « une collusion entre deux mondes que seule la peinture peut assurer » c’est à ce rendez-vous qu’Eddie Panier nous convie au Poulailler.

DÉJÀ LÀ - EDDIE PANIER

Rédigé par LE POULAILLER

Publié dans #2014

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